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  • Laurent Nicolas

Traces dans la neige

Dernière mise à jour : 15 juin


" Il me faut trouver, entre autres choses, un nouveau nom pour l'univers, je suis las des mots anciens, ils ont signifié trop de choses pour d'autres époques et d'autres hommes." Allen Ginsberg


Lydie, chloé, Julie dans la court de l'atelier Moreau. acrylique sur toile 1,50 x 2 m


Quelque part là-bas, derrière la ligne floue de l‘océan il y a d'autres continents mais aussi des souvenirs qui se fondent déjà lentement en un immense oubli ; souvenirs des objets retrouvés par hasard, mémoire des familles, récits des anciens et des pays lointains où ils naquirent, exodes, fuites, là où nous n’irons jamais. Souvenirs d'événements, de guerres passés depuis longtemps. La lente chimère du temps commence à les saisir, estompant les contours... La neige tombe sur la plage. Ce matin-là, sur ma terrasse, je regardais ces empruntes de pattes de moineaux dans un semblant de givre hivernale. Quelques flocons les oublieraint bien vite, les indices pourtant du souvenir de ce sillage me laissait songeur.



Ce matin-là, sur ma terrasse, je regardais ces empruntes de pattes de moineaux dans un semblant de premières neiges hivernales.


La notion de trace, apparu au 13e siècle posa bien des problèmes aux philosophes, mais tous s’accordent à lui donner une fragilité qui nous laisse à penser que la trace pose la question du hasard de l'existence. L'histoire des trois frères qui parviennent à décrire l’aspect d’un animal qu’ils n’ont pas vu, à partir des indices recueillis sur son passage : un chameau blanc, aveugle, qui porte deux outres sur le dos, d’huile et de vin ; tel que le rappel Carlo Ginzburg dans ce conte oriental il y a aussi la trace non écrite, appelées par Marc Bloch « vestiges du passé ».

Les seules qui s'en sortent avec brio à ce genre de questionement sont une bande de mésanges acrobates qui s'empifrent des graines que je leur ai laissées dans un bol...


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