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  • Laurent Nicolas

Fais ce qu'il te plait, à propos du corps enfermé et du rêve de liberté...

Dernière mise à jour : il y a 5 heures


Il y a dans l’Ouest une vallée où les fantômes se rendent pour ruminer leurs pensées sombres et pleurer les choses qu’ils ont perdues. Ils sont pâles, ils meurent de nostalgie et d’amertume. On les entend frémir et bavarder dans les feuilles des vieux peupliers de Virginie secs, mortels, sur les berges du fleuve — on les entend murmurer et gémir et feuler dans le vent qui passe sur les cônes noirs des cinq volcans à l’Ouest — on les entend au pied des falaises rouges des Sangre lointain à l’autre bout de la vallée, ils geignent, et leur passé s’envole avec les tourterelles et les oiseaux moqueurs — et l’on peut en voir, en toucher un, dans les silences et l’espace et l’effroi muet du désert quand, chevauchant, l’on s’éloigne de ce fleuve qui, sur ces terres arides, est le fleuve de la vie.

Edward Abbey



"Fais ce qu'il te plait" Etude personelle : acrylique sur toile 80X80 cm

Il n’est plus utile de s’éloigner du rivage pour ne plus entendre la fin des histoires fragiles, parfois un simple clin d’euil suffit pour comprendre qu’après certains mots le silence s’instaure. Les convives se lèvent, prennent congé poliment de leurs Hôtes. Au loin, un type sur la plage joue deux ou trois accords de Bob Marley sur sa guitare. Marcher pieds nus sur le rivage, s’éloigner du petit groupe, sentir les vagues fraîches caresser ses orteils. S’avouer enfin avoir trouvé la soirée assommante, une soupe d’ego qui n’ont même pas remarqué son absence. Passer la frontière qui en soit a dressé une herse acérée. Marcher sans fin jusqu’à l’aube et lorsque cette voie te dit de monter dans la voiture, que c’est dangereux de marcher seule en brousse la nuit, savoir que tu vas disparaître : séparer l’orage dans ta tête pour reconstruire une autre fin à l’histoire. Puis murmurer comme pour toi :

- Il y a environ 10 000 personnes chaque année qui ne sont jamais retrouvées.



Quel beau sujet que la question de choisir de faire ce que l’on veut ! Surtout avec cette toile de Mai 2020 à l'heure du déconfinement qui nous fit passer de l’assignation à résidence à la liberté sur parole… Serait-ce donc un sujet d'actualité ? Ou parlons nous de liberté ?

Le choix est la capacité d’échapper aux poids des déterminismes et des lois de causalité. C’est cette liberté que Descartes qualifie de liberté d’indifférence et qu’il considère à juste titre comme le fondement de la liberté… Ne sentez-vous pas ici le sujet du bac de philo poindre son nez , allons allons ?

Une petite révision ne nous fera pas de mal !  :

Epictète mettait lui aussi en évidence ce pouvoir : « Un tyran me dit : - Je suis le maître, je peux tout.  - Eh ! que peux-tu ? Peux-tu te donner un bon esprit ? Peux-tu m'ôter ma liberté ? (…) - Mais je puis te faire couper le cou (… ) - Tu es le maître de ma carcasse ; prends-la. Tu n'as aucun pouvoir sur moi."  Ici on apprend, comme Sartre l'explique bien plus tard que cette liberté absolue (de dire oui ou non à tout, jusque dans le sacrifice de sa vie) est le fondement politique de la démocratie. Mais si vous voulez avoir une bonne note n’oubliez pas de citer notre viel ami Spinoza avant d’aller boire l’apéro avec les copains : « J'appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir » 


 

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