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  • Laurent Nicolas

Crépuscule

Dernière mise à jour : il y a 16 heures


Je pensais à ces foules qui en ce moment même sortaient des parcs et des jardins publics. Peut-être que la plupart des hommes traînent les dimanches soir avec la peur de voir la journée finir, la peur d'ébranler en eux une tristesse ancienne ; peut-être que cette tristesse, nous la partageons tous, cette tristesse qu'on sent quand les choses ferment, quand elles finissent. Dominique Barbéris

recherche personnelle acrylique sur toile 80X80

C’est vrai que le crépuscule en mourant emporte tout sur son passage, les perspectives, les formes et la lumière. C’est un festin d’insectes fous qui attaque la moindre lampe en quelques instants, c’est la venue sans surprise des ombres longues, étirées et fuyant vers des logis éclairés.

Dans un autre pays, près d’une autre vie d’ici, j'ai croisé un homme, employé de bureau modèle qui avait passé sa vie à rentrer chez lui chaque soir à la même heure. Il m’a avoué, un soir de grève des métros qu’il n’avait jamais imaginé autre chose que rejoindre son domicile à la tombée de la nuit. Bien qu’il ne l’ignore pas, l’existence d’une vie la nuit, elle lui restait totalement étrangère, comme le pensaient souvent mes grands-parents qui eux vivaient à la ferme.


Le crépuscule ne laisse aucune chance aux couleurs, il les éteint : une à une, préférant sans doute quelques touches audacieuses dans le jeu du clair obscur. Les myopes ratent des marches, les astigmates s’accrochent aux rampes des escaliers et nous fuyons, incapables de voir la ligne d’horizon ou se joue l'incendie.

Une cloche au loin chante l’angélus, les bêtes sont rentrées, la soupe est sur le feu, les hauts jeunets du bord du chemin ont éteins le jaune du fossé. L’heure est entre chien et loup, les femmes commence leur seconde journée, les hommes s’assoient et racontent leur travail, certains ne disent plus rien, trop épuisés et souvent trop tristes.

Avaient-ils d’autres rêves dont la télévision singe l’illusoire mise en scene avec des reportages sur des contrées sans pluie, sans boue, faite de studio de carton-pâte, de séries et de prairie comme leur petite maison ?

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