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  • Laurent Nicolas

Reflets de silhouettes en réseau.

Dernière mise à jour : 16 juin

"Certaines personnes sont un peu comme des colorants alimentaires, en version humaine : dès qu'ils se montrent quelque part, tout paraît plus appétissant." Siobhan Curham - Cher Dylan


Acrylique sur toile 60 F - Quiproquo.



Ce n'est plus mon corps, je ne me reconnais plus, malgré les likes, de plus en plus nombreux, malgré les followers qui grandissent comme une onde. Avec les semaines et les années les images sont restées figées dans un autre temps, comme prisonnières des cristeaux liquides. Je m’efface lentement comme une ombre, comme un reflet dans l’onde d’une rivière, mais c’est une matière douce sur laquelle glissent des rides et des plaies.

La journée finissant, je pense à un filet d’eau escarpé remontant le temps…




La philosophie a souvent considéré le corps comme un obstacle à la pensée, pourtant dans le Banquet, Platon pose l’enjeu de la vision d’un beau corps en particulier (Alcibiade, ses pectoraux impeccables…) à la contemplation de « la beauté en soi ». A l’ère numérique, les corps sont mis en communs. Leurs représentations faites de capture d’écran posant les fameuses lignes directrices du banquet de Platon : un corps certes, imparfait et réel, façonné par la vie ou retouché par Photoshop, mais reflet dans tous les cas, de la qualité morale de l’être numérique ou tout du moins d'une silhouette comme une "ombre de l’être" ? Le corps, l'individu mis en scène sur les réseau sociaux active L’amour de soi, qui selon Rousseau, est toujours bon. et L’amour-propre, qui au contraire, est à l’origine de tous nos maux. C’est lui qui porte à la comparaison, qui engendre les hiérarchies, qui suscite les querelles. "La mise en scène virtuelle de nos existences empiète de plus en plus sur nos vies « vraiment » vécues. Au point de nous noyer, tel Narcisse, dans nos “selfies” ?" se demandait en 2014 Alexandre Lacroix. Mais Plus encore qu’un déni de l’altérité, le narcissisme est un refus de l’altération. L’ennemi de Narcisse n’est pas l’autre mais le temps.

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