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Le cinéma extracourt

  • Laurent Nicolas
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Semblant répondre à la frénésie de sollicitation, le cinéma extracourt se rapproche du format de la "Nouvelle" en littérature. Les films de quelques minutes ne démentent pas leurs succès, celui d’une époque ou les nouveaux réseaux de diffusion appellent à une nouvelle créativité ! Un autre rythme s’impose, sans doute plus proche de nous, sur nos tablettes et nos téléphones  : “Ce n’est pas que les gens ne peuvent pas se concentrer, c’est que tout est fait pour les déconcentrer. Nous ne sommes pas dans une économie de l’attention, mais de la distraction.” Explique à ce propos l’universitaire Laurence Allard (dans wedemain).



 Lucas Fassel et Sacha Mijatovic récompensés pour leur court-métrage




Le micro-métrage ou le nanométrage apparaît comme une œuvre unique, structurée pour les nouveaux usages du public et répondant néanmoins aux exigences d’une création complète.  Ici ça plante : court-métrage d'animation de 2 minutes, récompensé et salué par la critique en est un exemple : c’est une œuvre du jeune réalisateur Lucas Fassel et de son cousin Sacha Mijatovic qui fait succès. Le réalisateur adopte le ton genZ, non celui que l’on attendrait d’eux, mais juste celui à côté, celui d’un univers si particulier, ou l’œuvre peut scruter des sujets d’époque et brûlants d’actualité sans avoir besoin d’être militant, ou l’œuvre n’est ni crédule ni facile, mais livrée avec sincérité, ou le talent pour son auteur est d’être témoin dans son époque, dans son format, dans son récit, et prémonitoire. L’actualité climatique de ces derniers mois donne une résonance à ce film fait par un cinéaste et un paysagiste lorsque l’on sait que L'Observatoire de la biodiversité souligne en effet un phénomène crucial : « face à l'urbanisation et à la perte d'habitats naturels, les jardins privatifs ne sont plus de simples espaces de loisirs, mais deviennent de véritables refuges et réservoirs de biodiversité pour la flore et la faune menacées. »


Hier on annonçait, sans que cela ne fût jamais suivi d’effet qu’un infime geste pouvait tout changer, sans illusion, mais sans désespoir, une génération rappelle à l’autre qu’un petit film peut nous dépasser, paraphrasant la formule de Pivert de Sénencourt qu'Abert Camus mis en exergue : « L’homme est périssable. Il se peut ; mais périssons en résistant, et si le néant nous est réservé, ne faisons pas que ce soit une justice ! »  


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