Artur Nersesian
Dogrun
Nersesian continue son récit de Big Apple commencé avec FuckUp en 1991, les générations s’y succèdent. Dogrun est un roman de courtes peintures réalistes et réussies. J’ai failli lâcher son bouquin avant de comprendre que l’histoire totalement décalée de cette fille, une trentenaire qui ballade le chien et les cendres de son ex copain dans New York, n’est qu’un prétexte pour nous entraîner dans une visite d’un quartier. On y croise et recroise des personnages qui finalement deviennent les éléments de la ville. NY faite de ses émotions, ses loosers sans panache, artistes ratés et pitoyables, cette cité d’équivoques et d’amants qui se cherchent de bars en soirées comme on chercherait un sens à une vie qui n’en a jamais eu.
Le récit rebondit ainsi jusqu’à l’attachement à cette faune aussi désoeuvrée et larguées raconté avec la distance et l’humour qui s’impose. L’amour et l’abnégation de ce pauvre chien pour ses humains laissent à penser qu’il y a encore vraiment de quoi espérer dans la gent canine.
" Vivre à une époque où les attentes avaient été revues à la baisse permettait d'y trouver quelques avantages prémâchés. Les standards de notre temps étaient tombés si bas que j'avais échoué à être une ratée. Il ne me restait plus rien. Même m'apitoyer sur mon sort, elles m'en avaient privée."


